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Guy Vasseur, président de l'APCA : une recherche européenne

Guy Vasseur, président de l'APCA : une recherche européenne, la PAC et la réforme "Terre d'avenir"

 

Guy VASSEUR, président de la chambre d'agriculture du Loir et Cher, vient d'être élu à l'APCA. Ses objectifs : développer une recherche européenne, la réforme "Terre d'avenir" relever le défi de la nouvelle PAC.

 

Lors du débat sur le défi alimentaire mondial soumis à l'agriculture du XXIe siècle pour nourrir 9 milliards d'habitants en 2050, Luc Guyau, président de la FAO, vient d'émettre l'idée de développer une recherche publique européenne agricole, financée par une partie de l'enveloppe de la PAC. Qu'en pensez-vous ?
« On a la chance, en France, avec l'INRA (Institut national de la recherche agronomique fondé en 1946), d'avoir une recherche publique performante et ambitieuse. C'est avec cet institut que l'agriculture a gagné le défi agricole des années 60. Il touche beaucoup de domaines. Près de moi, j'ai l'exemple de l'INRA de Strasbourg qui cherche à rendre le cépage sauvignon - c'est celui de ma région - moins fragile aux maladies du bois. Aujourd'hui, on demande à la recherche d'apporter des réponses fiables et crédibles économiquement sur la problématique environnementale, avec de nouvelles pratiques culturales. Mais avec le changement climatique, qui va amener de nouveaux ravageurs, nous devrons disposer de variétés de plantes plus résistantes. Dans ce domaine, les biotechnologies et les OGM ouvrent d'autres possibilités. Là dessus, hélas, la commande publique n'est pas suffisamment claire. La recherche agronomique devrait davantage tenir compte des choix des professionnels et des politiques. Il n'y a pas que les OGM insecticides à inventer… »


Y a-t-il un risque de nationalisation de la PAC ?
« Le risque est fort. Des pays voudraient sortir de la politique agricole commune. Ce serait dangereux pour la France. Il y a une unité professionnelle sur ce dossier. On ne baisse pas la garde. On n'aurait pas perdu les marchés à l'export sur la Grande-Bretagne, si elle avait eu l'euro.

On ne souffre pas de trop d'Europe, mais de pas assez d'Europe. Plus on converge dans une démarche d'union, plus les divergences disparaissent. »


Quels sont les chantiers prioritaires de votre mandat ?
« Il y a un vrai enjeu à réussir la réforme "Terre d'avenir" engagée par les 115 chambres d'agriculture - 94 départementales et 21 régionales. L'idée n'est pas de dégarnir le terrain, mais de garder la proximité avec des compétences interdépartementales ou régionales. Mais on n'a plus les moyens d'avoir un spécialiste qui cultive son art dans chaque département. Dans le Loir-et-Cher par exemple, le technicien porc est devenu aussi avicole. Le gouvernement veut nous y amener par le critère budgétaire. Si on raisonne comme ça, on est dans le sens de notre projet. "Terre d'avenir" est un vrai défi, un vrai enjeu, pas évident, car on a tous une culture très départementalisée. L'autre chantier sur le feu est lié à la préparation de la PAC de 2013. Le contexte fait qu'il n'y a plus de régulation, plus de filet de sécurité. Reste que les charges franco-françaises, les coûts de main-d'œuvre, les préoccupations environnementales et les enjeux de la qualité de l'eau, auxquels sont confrontés nos agriculteurs, les placent dans un contexte de distorsion de concurrence. C'est ainsi que la France, qui était championne en matière d'exportations agricoles et agro-alimentaires - produits laitiers, champagne, vins, céréales… - est passée à la 3e place, derrière les Pays-Bas et l'Allemagne. En 2009, l'excédent a été de 5,4 milliards, il était de 8,8 milliards en 2008.

Propos relevés par Pascal DOLLAT (http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/425769/LE_PLUS_ECO____On_ne_souffre_pas__de_trop_d_Europe__

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