Mise à jour mercredi 23 mai 2012 00:34:26
Accueil Dossiers professionnels Session d’automne de la Chambre d’agriculture de Haute-Savoie : deux motions adoptées

Session d’automne de la Chambre d’agriculture de Haute-Savoie : deux motions adoptées

Session d’automne de la Chambre d’agriculture de Haute-Savoie : deux motions adoptées
 
Vendredi 27 novembre, la Chambre d’agriculture de Haute-Savoie a tenu sa session d’automne à Annecy. Sur fond d’incertitude financière et de réforme des collectivités territoriales, la compagnie consulaire a voté le budget primitif pour 2010 et a adopté deux motions pour lutter contre la dégradation des revenus agricoles.
Dans son introduction, le président Gérard Ducrey a rappelé le contexte difficile dans lequel évolue l’agriculture haut savoyarde, constamment ballottée par les conséquences de choix politiques ultralibéraux. « Je reste convaincu que l’agriculture est un enjeu central à l’équilibre social de la société » a-t-il déclaré. « Il faut maintenir les paysans là où ils sont et les aider avec une politique agricole à portée régionale. Nous avons besoin de préférence communautaire et de mécanismes de régulation », a-t-il plaidé.
 
Le chantier de la mutualisation régionale et interdépartementale
Dans son rapport d’activités, Gérard Ducrey a présenté le chantier en cours du rapprochement avec la Savoie qui n’ignore pas celui de la mutualisation régionale. L’objectif commun aux deux compagnies consulaires concerne la mise en commun des compétences, l’harmonisation de l’organisation et du fonctionnement, la structuration de la gouvernance professionnelle et la réflexion pour une nouvelle politique territoriale en rapport avec la réforme en cours des collectivités territoriales. Le dossier a favorablement avancé au niveau régional avec la mise en place d’un différé de cotisations qui permet de prendre en compte l’effort consacré par les élus au projet savoyard.
Cependant, des décisions externes viennent impacter lourdement la situation politique et financière des deux chambres. Il s’agit de l’augmentation de la contribution départementale aux budgets régionaux (Chambre régionale d’agriculture et fond régional pour la filière forestière). Le cumul de ces deux charges supplémentaires représente 700 000 à 750 000 E à l’horizon de 2013 sur les deux Savoie, ce qui est faramineux. Même si quelques retours financiers sont espérés, cela engendre de nombreuses inquiétudes. D’autant plus qu’avec la réforme en cours des collectivités, la compétence des départements pourrait être modifiée, en particulier l’accompagnement de l’agriculture par les conseils généraux (10 millions d’E alloués chaque année au développement rural par les conseils généraux des Savoie). L’enjeu est important et la Chambre d’agriculture œuvre pour faire valoir la situation particulière de notre département, ses filières, ses territoires et défendre une politique de la montagne à la région. Lors de la prochaine session interdépartementale qui se tiendra en janvier 2010 en Savoie, un plan d’action sera présenté.
 
État des lieux du Grenelle de l’environnement
Marie-Louise Donzel, présidente de la commission environnement, a effectué un point d’étape de la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement en Haute-Savoie. Les chantiers qui concernent l’action de la Chambre d’agriculture sont engagés : plan de maîtrise énergétique des bâtiments, lutte contre l’étalement urbain, qualité des eaux, développement de l’agriculture biologique, énergies renouvelables, stockage du Co2… De nombreuses actions sont à l’étude et seront proposées aux agriculteurs en 2010. Sans contester les objectifs de la démarche, André Pernoud s’est interrogé sur « l’incidence des mesures du Grenelle sur le revenu des agriculteurs aujourd’hui en berne ». Il a demandé « qu’en cette période difficile, les mesures qui coûtent aux agriculteurs fassent l’objet de progressivité et de compensation, en particulier la taxe carbone ».
Denis Marmilloud a présenté la nouvelle stratégie de la Marque Savoie, pour devenir « ambassadeur des meilleurs produits de Savoie ».
 
La nouvelle stratégie de la Marque Savoie
L’objectif de l’association est de « nouer de nouveaux liens avec les structures de commercialisation et les distributeurs ». Un nouveau logo a été dévoilé le 15 octobre et le cahier des charges a été rénové. Pour faire partie de la marque, le produit candidat devra désormais être reconnu dans le patrimoine gastronomique savoyard, disposer de qualités gustatives supérieures, utiliser uniquement des matières premières locales et partager une éthique pour la promotion collective du territoire des Savoie. Grâce à cette démarche rénovée, des synergies plus fortes sont possibles pour communiquer plus efficacement sur la gamme de produits savoyards. Pour Denis Marmilloud : « la nouvelle Marque Savoie est pour nous producteurs un outil puissant pour exister et se différencier sur le marché ».
Pascale Thomasson, présidente de la Commission diversification, est intervenue pour présenter le réseau Bienvenue à la ferme suite au congrès national qui s’est tenu à Grenoble début octobre. La démarche rassemble près de 6 000 agriculteurs au niveau national, dont 60 adhérents en Haute-Savoie. Des projets sont en cours pour dynamiser le réseau, comme la création d’un magasin de vente collectif, un site internet rénové, une participation à la restauration collective et une nouvelle charte de communication. Pour Pascale Thomasson : « Bienvenue à la ferme s’affirme comme le fer de lance des circuits courts et de l’agrotourisme ».
Denis Maire, président du GIS Alpes-Jura, a présenté les travaux menés par le groupement d’intérêt scientifique. Cette démarche de recherche-développement vise à permettre aux responsables professionnels de comprendre et d’anticiper les mutations de l’agriculture vis-à-vis de l’évolution des marchés et des soutiens publics. Deux champs d’investigation en 2009 : la flore naturelle des laits et le changement climatique. Pour 2010, le GIS se propose de « réinvestir le champ des prairies de montagne et d’en valoriser les résultats » selon Denis Maire.
André Pernoud président du centre d’élevage Lucien Biset à Poisy a présenté les activités du centre. Après avoir finalisé l’installation du générateur photovoltaïque, l’année 2010 sera consacrée à en mesurer le rendement économique, afin de fournir des références qui pourront être utilisées par la suite dans les élevages. La mise en place du robot de traite, prévue pour l’été, fait partie d’un programme pour analyser la compatibilité entre le robot et la gestion du pâturage. Pour cela, le robot est conçu pour être déplacé et les résultats sur la qualité des laits seront particulièrement étudiés.
 
La loi de finances pour 2010 alerte les responsables
Christophe Léger, secrétaire général de la Chambre d’agriculture et président de la Fdsea, s’est attaché à présenter les dernières évolutions sur le dossier du bilan de santé de la PAC. Malgré des arbitrages politiques en faveur des agriculteurs savoyards, l’analyse du projet de loi de finances pour 2010 met en alerte les responsables professionnels : aucun crédit n’est affecté au renouvellement des contrats PHAE arrivant à échéance. Pour Christophe Léger : « Si à l’horizon de 2012, la PHAE est supprimée, la plupart des gains du bilan de santé seraient annulés » a-t-il dénoncé. De manière unanime, les membres de la Chambre d’agriculture dénoncent cette orientation contraire aux engagements de l’État et une motion a été votée en ce sens (voir encadré).
Par ailleurs, Christophe Léger est intervenu à propos de la situation économique dégradée des exploitations agricoles du département, toutes filières confondues. Selon lui, le chantier prioritaire pour consolider le revenu passe par une évolution des conditions structurelles de gestion des productions. Une motion a été adoptée pour plaider la cause de l’organisation économique dans le cadre d’interprofession dotée des outils de connaissance des marchés et de suivi des productions (voir encadré).
Carole Dépigny-Châtel a ensuite présenté le Point accueil transmission dont elle est la responsable professionnel et Bernard Mogenet a exposé le projet Elevage avenir 74. Via le rapprochement des quatre organismes Alliance conseil, Lidal, GDS et service traite de la Chambre d’agriculture, le projet vise à réorganiser l’offre de services pour répondre aux besoins individuels et collectifs des éleveurs haut savoyards. À l’unanimité, l’assemblée a validé la démarche.
 
Se préparer à la réforme des collectivités territoriales
François Mogenet, représentant du Conseil général, a partagé les inquiétudes exprimées par les élus agricoles face à la réforme des collectivités territoriales, qui conduira selon lui « à la fusion des deux départements savoyards à moyen terme ». L’analyse de la loi de finances pour 2010, avec la suppression de la taxe professionnelle, comporte de nombreuses incertitudes financières pour un département comme la Haute-Savoie. « Dans ce contexte, la construction du budget 2010 a été difficile, obligeant l’assemblée départementale à se recentrer sur ses compétences obligatoires et à réduire ses interventions sur les politiques volontaristes comme le développement rural ». Malgré cela, pour 2010, les soutiens du Conseil général à l’agriculture ont pu être maintenus. En plus des champs d’intervention du Conseil général, François Mogenet a notamment évoqué pour 2010 le soutien à la méthanisation et la volonté d’introduire les produits locaux dans les restaurants scolaires des collèges dont le Conseil général est gestionnaire.
Gérard Justiniani, directeur départemental de la DDEA, a conclu les travaux de la session d’automne en invitant les membres de la compagnie à poursuivre leur travail de rapprochement avec la Savoie pour peser à la région et faire valoir les spécificités savoyardes. Il a félicité les élus pour leur prise d’initiative et leur travail d’anticipation des réformes à venir au niveau de l’État. Il a assuré les membres de la Chambre d’agriculture du soutien de la DDEA, notamment pour appuyer les motions qui venaient d’être votées.