Mise à jour samedi 19 mai 2012 22:12:08
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Interview de François Thabuis, secrétaire général adjoint de Jeunes Agriculteurs au national

Interview de François Thabuis, secrétaire général adjoint de Jeunes Agriculteurs au national 

 Agriculturedesavoie.com vous livre l'interview de François Thabuis, jeune agriculteur haut savoyard, secrétaire général du syndicat national Jeunes Agriculteurs, publiée dans le numéro de septembre de la lettre du Réseau Rural Français (RFF).

Quels sont les grands axes d’activité et les projets phares déployés par Jeunes Agriculteurs ?

Axe majeur et fondateur de notre activité qui entend s’intéresser au parcours à l’installation (qui correspond au besoin essentiel d’accompagner les jeunes agriculteurs dans une logique de projet) et à la phase délicate du démarrage des jeunes agriculteurs.Un second projet « Génération PAC 2014 » qui entend faire des jeunes générations d’agriculteurs d’aujourd’hui les « agri-acteurs » de demain. Dans ce projet européen, il s’agit de répondre aux enjeux de l’alimentation, des territoires et de l’environnement tout en donnant de la valeur ajoutée au métier d’agriculteur. Cette PAC doit permettre l’accompagnement d’une nouvelle génération d’agriculteurs en termes de formation,d’installations innovantes, de pérennisation des activités et de responsabilisation. Pour nous, cela passe par la création d’un centre européen de formation, le renforcement du dispositif d’installation existant (Dotation Jeunes Agriculteurs - DJA - + prêts bonifiés), des aides à l’investissement pour soutenir les projets innovants créateurs de valeur ajoutée, une incitation la contractualisation et la gestion des aléas. Dans cette optique, la diversité de l’activité agricole nous semble être un enjeu majeur : tant au sein des territoires entre les différents types de production qu’à l’intérieur même des exploitations. Notre dernier rapport d’orientation intitulé « Filières et territoires : ajoutons de la valeur à notre métier » reprend cette problématique de la valeur ajoutée : comment l’agriculteur peut-il devenir acteur de la valeur ajoutée de sa production ? Il convient pour nous de re-territorialiser notre approche ; Pour être compétitif, il nous faudrait nous adapter constamment à la baisse des prix et donc augmenter le volume de notre production. Cela n’est pas une politique durable. Il convient de re-territorialiser notre approche ; nous pensons qu’il nous faut être capable d’allier les meilleurs ressources du territoire entre elles avec les hommes qui y vivent et les agriculteurs qui y travaillent; car un des enjeux de cette re-territorialisation c’est aussi de refaire du lien avec la société et les citoyens, de retravailler sur un pacte avec la société. C’est à ce titre que nous avons créé l’évènement « Nature Capital » par exemple, mais aussi que nous orientons notre action sur l’adaptation de nos pratiques - ce qui nous parait essentiel dans la lutte contre les gaz à effet de serre- ; que nous croyons également au développement des circuits courts et qu’il nous semble important de sensibiliser les citoyens au rôle prédominant que joue le monde agricole dans ce que sont nos paysages ; et enfin, que nous avons conscience de la nécessité d’être innovant et de repenser aussi notre action en matière de distribution.

Quelle perception avez-vous du Réseau rural et quelles sont vos attentes ?

Le projet pour la PAC 2014 que nous avons élaboré fait ressortir la nécessité de mettre en oeuvre une logique d’aide territorialisée si nous voulons que le territoire devienne une source de valeur et que cette valeur soit ancrée dans le territoire. Aussi, est-il utile et nécessaire de rechercher les initiatives existantes, de les capitaliser : le RRF peut être un lieu de capitalisation d’expériences, d’analyse et de mise en avant des initiatives locales et de travail de réflexion sur l’exemplarité des réalisations ; les aides publiques doivent par le biais du développement rural appuyer ce typede démarches.

Concrètement nous participons aux groupes thématiques nationaux « Gestion de l’espace » et « Valorisation des ressources locales ». Dans ce dernier groupe, nous avons en particulier participé à la réflexion sur l’appui à l’installation en circuits courts à l’occasion d’un colloque organisé par la Fédération des Parcs et la Fédération des CIVAM de Bretagne : il s’agissait de recenser des démarches et outils innovants d’appui à l’installation en circuits courts, permettant de lever les obstacles techniques, économiques, sociaux. Ce fut l’occasion d’échanges riches et constructifs entre les participants qui permettront demain d’améliorer et de développer de nouvelles pratiques dans les territoires.