Mise à jour samedi 19 mai 2012 21:02:28
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Gruyère de France VS Gruyère suisse

Le SIG s'oppose à la reconnaissance du Gruyère suisse en AOP

L'union européenne et la Suisse, dans le cadre des accords bilatéraux, organisent une consultation publique visant à faire reconnaître l'AOC Gruyère de Suisse en AOP. Dans le même temps, l'AOC Gruyère de France connaît de réelles difficultés pour obtenir ce même statut par l'UE. Dans ces circonstances, le Syndicat Interprofessionnel du Gruyère a décidé de faire opposition à cette reconnaissance du Gruyère suisse.

Le SIG considère que l’intérêt légitime de ses adhérents est menacé si l’Union Européenne (UE) accorde une protection en IG de type Appellation d’Origine Protégée (AOP) à l’AOC Gruyère de Suisse alors que l’AOC Gruyère de France ne dispose pas de la même protection. Cette protection de l’appellation Gruyère suisse dans l’UE, constituerait en effet une atteinte grave au droit de propriété intellectuelle des producteurs français de l’AOC Gruyère si celle-ci n’était pas elle même reconnue en tant qu’AOP.

 

Sur l'origine du produit le SIG est clair: le berceau d’origine du Gruyère est helvétique et français. Au cours des âges, les zones de production de Gruyère ont toujours été situées dans un ensemble géographique regroupant le massif jurassien (au sens large), les Alpes et les Préalpes du nord. Il s’agit d’une zone internationale comprenant une partie du territoire français et une partie du territoire suisse ; Etats dont les frontières ont changé au fil des siècles. Le Gruyère est donc produit sur une zone frontalière entre la Suisse et la France.

 

L’idée partagée des professionnels des deux pays autour de cette homonymie incontestable n’a jamais été d’en faire une source de divergence et d’opposition mais à l’inverse d’en faire une plateforme commune de qualification et une déclinaison propre à chaque pays. Pour le SIG, et en raison de cette histoire partagée, il est inconcevable que l’UE ne consacre dans le même temps les demandes simultanées de reconnaissance en IG (AOP) des Gruyères français et suisses.

 

Les cahiers des charges sont exigeants !

L’analyse des cahiers des charges des deux AOC Gruyère actuels amène au constat immédiat que les conditions de production du lait et de fabrication des fromages sont pour l’essentiel largement comparables en raison d’un niveau élevé de rigueur et de savoir-faire.

Pour ces raisons, les professionnels des deux pays partagent l’idée que les gruyères produits de part et d’autre de la frontière ne sont pas source de concurrence déloyale entre les producteurs ni de confusion au niveau des consommateurs. Si les deux cahiers des charges présentent en effet certaines spécificités historiques, il n’en demeure pas moins qu’ils permettent la mise en valeur des deux facettes d’un même fromage.

 

Vers un préjudice pour les producteurs français.

L’enregistrement de la dénomination suisse Gruyère porterait préjudice aux producteurs français de l’AOC Gruyère, en laissant penser que le fromage français n’est pas un produit respectant des normes de production élevées et que seuls les fromages suisses sont des produits d’origine. 

La reconnaissance du fromage suisse au niveau communautaire conduira également à la réservation de la dénomination au profit de ses producteurs, empêchant ainsi au gruyère français d’obtenir la même protection. Il existera donc une différence de traitement entre les producteurs de deux produits similaires portant le même nom.

 

à suivre...